Un seul mode, à quoi bon ?

 Texte écrit sous la contrainte de verbes uniquement à l'infinitif *

 

À quoi bon rêver
À d'autres horizons toujours superlatifs,
Saliver, baver
Sur tous ces paradis alors impératifs ?

À quoi bon sourire
Presque béatement à d'insidieux prêcheurs,
Prêts à vous prescrire
Leur fallacieux dogme ? Aguerris démarcheurs !

 

REFRAIN :

Pourquoi s'époumonner à lire
Une page infiniment blanche,
Sans ne jamais croire au délire,
Sinon au pied de l'avalanche ?...

Pourquoi s'évertuer à dire
Un texte résolument sourd,
Sans même savoir s'interdire
Ces indicibles grands discours ?...

 

À quoi bon souffrir
D'espérer bonifier d'improbables vertus,
Pour ne les offrir
Qu'à titre indicatif, en orgueilleux têtu ?

À quoi bon s'ouvrir,
Aveuglément naïf aux prétendus sauveurs,
Pour ne découvrir
Qu'une âpre vérité sans nulle autre saveur ?

 

Au refrain

 

À quoi bon chercher
D'inutiles espoirs comme une ultime quête,
Vouloir s'accrocher
À d'inconditionnels vains défis de conquêtes ?

À quoi bon défendre
Ces désuets partis si peu grandiloquents,
Pour n'en rien attendre
Que de subjonctifs vœux faiblement convaincants ?...

 

Au refrain

 

* Non content de la contrainte des verbes uniquement à l'infinitif, je me suis amusé à glisser dans ce texte les 5 autres modes. Le jeu dans le jeu...

 

Texte écrit le 8/02/2010, à "musiquer"

Frédéric NYEL © (alias FredOueb)

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